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Copyright 2012 Doyenné de Sablé

 

 

Doyenné de Sablé

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Les copies des actes originaux sont accessibles « en ligne » sur le site des Archives départementales de la Sarthe.

Paroisse de

SABLE SUR

SARTHE

 

Page 1

Page 2

SABLE SUR SARTHE

OBSERVATIONS HISTORIQUES 1787

En prenant possession de mon église, le premier objet qui me frappa fût la nécessité de réparer la sacristie et de pourvoir à la conservation des ornements destinés au culte divin. La sacristie était plus basse que le chœur de deux marches, elle était très humide et il n’y avait que de vieux coffres avec des tiroirs très incommodes pour renfermer les chappes et les chasubles qu’il fallait plier à chaque fois qu’on s’en était servi. Après avoir reçu le consentement de la paroisse assemblée, Mr le procureur marguillier  qui était Mr Guyot Duvignaud me secondant de ses soins, je fis faire d’abord le grand chappier pour renfermer nos beaux ornements, le blanc donné il y a vingt deux ans par M. le Marquis de Sablé et beau rouge fait partie aux dépens de la fabrique et partie du don de mille livres fait par M. Hatton, mon prédécesseur. Les autres ornements et surtout le second rouge auquel on fit mettre des orfrois (?) neufs après l’avoir rafraîchi ont aussi dans ce chappier des places très commodes.

La sacristie fût exhaussée telle qu’elle est et au lieu du mauvais pavé de briques qui s’y trouvait précédemment on y a mis le parquet uni qu’on y voit, porté sur des madriers entre lesquels il y a force pierres concassées et sable pour oter l’humidité.

Les armoires distribuées à chacun de Mrs les prêtres qui n’avaient point où renfermer leurs linges d’église furent marchandées 300 livres et l’exécution de boiser le reste de la sacristie en pratiquant un confessionnal eut pareillement son effet en marchandant ces objets à la toise (?) et ménageant des armoires plates pour renfermer la crois et la bannière ainsi que les chandeliers et l’argenterie qui s’y placent très commodément en un mot à l’exception de l’espèce de demie armoire qu’on fît arranger pour y mettre les chasubles communes, tout le reste a été fait à neuf dans l’ordre où il se trouve.

Ces objets finis, nous pensâmes à nous procurer des vases sacrés propres, le petit soleil de vermeil paraissant trop petit pour notre grande église, je pensais à en avoir un grand du meilleur goût. Melle Anne Pochard, fille d’une piété et d’une charité exemplaire qui dans la suite a donné cinq mille livres aux pauvres de la paroisse, me donna douze cents livres pour acheter un nouveau soleil. M. le Marquis de Sablé se chargea de le faire faire à Paris, il donna trois cent livres et comme il a coûté environ dix huit cents livres, la fabrique paya le surplus.

M. de Sablé emporta avec lui à Paris une vielle lampe d’argent qui était suspendue dans le chœur et n’était pas vue de la nef et de vielles burettes de vermeil qui étaient fracassées et autres pièces d’argenterie inutiles, il les vendit 932 livres et employa cette somme à l’achat :

1°) d'un beau ciboire qui a coûté 394 livres 50

2°) d'une boite pour renfermer les Saintes hosties qui se met dans le grand soleil qui a coûté 116 livres 16

3°) d'un instrument de paix qui a coûté 96 livres

4°) enfin du bénitier d'argent qui a été vendu 691 livres.

Pour tous ces objets y aient eu un don de 50 livres par Mlle Hamon, la fabrique n’a déboursé que la somme de 315 livres.

Notre église ne possédait aucune sainte relique, je formais le projet de lui en procurer et je choisis des saints qui avaient rapport avec notre ville. Il y en avait eu autrefois dans l’enceinte du château une paroisse sous l’invocation de Saint-Malo, laquelle a été réunie à celle de Notre-Dame, j’ai fait revivre la dévotion qui était due à ce Saint évêque et patron de notre église en établissant en vertu du mandement de Mgr notre évêque sa solennité le dimanche qui précède celui de la Trinité d’hiver et en obtenant de Mgr l’Archevêque de Paris des reliques de ce saint, lesquelles ont été authentiquement tirées de celles qui étaient conservées dans l’abbaye royale de Saint-Victor de Paris. Mgr Antoine Eléonor de Juigné, archevêque de Paris en m’accordant ces saintes reliques me fit à cette occasion les réponses les plus honnêtes se souvenant sans doute que dans son enfance il avait fait ses premières études au collège de Sablé en notre paroisse. La châsse de Saint-Malo placée au fond du chœur a été payée moitié à mes dépens et moitié par M. le Marquis de Sablé qui a aussi donné celle de Saint Ménélé placée à droite en entrant dans le chœur comme j’ai donné celle de Saint Cénéré qui est à gauche.

Mrs du chapitre d’Angers m’ont accordé les reliques de Saint Cénéré ou ………, prêtre décédé à Saulges, archiprêtre ou doyen de Sablé dont la solennité est établie pour le dimanche le plus proche du 25 juillet en qualité de second patron de notre église.

Saint-Ménélé ayant été seigneur des ………… en la paroisse de Précigné, terre réunie à celle de Sablé, cette considération nous fît demander des reliques à Mgr l’évêque d’Angers et à M. le curé de Saint-Pierre de Précigné. On joignit à un ossement de ce Saint abbé de Menat en Auvergne un autre ossement de Saint Savinien son successeur. Nous en célébrons le fête le premier dimanche d’Octobre.

La vraie croix qui est bien authentique et est déposée à l’hôtel-Dieu avait été donnée par Me J.B. Colbert, Marquis de Torci, ministre d’état qui l’avait fait venir de Rome pendant son ministère pour être vénérée et en l’église de Notre-Dame et au dit hôtel-Dieu, on avait négligé de l’apporter en notre paroisse, j’ai cru devoir établir une fête solennelle le dimanche le plus proche du 14 septembre avec exposition et adoration de la vrai croix et j’ai eu la consolation de voir que mon peuple, toujours docile à mes instructions est entré dans mes vues et s’est empressé de profiter de ces différentes solennités

SABLE SUR SARTHE

ADJUDICATION DES TRAVAUX DE L’AILE GAUCHE DE L’EGLISE LE 17/10/1789

Le dix neuf octobre de cette présente année 1789 a été faite en la maison presbytérale par nous curé doyen de Sablé soussigné et le Sieur Guyot Duvignaud procureur marguillier de cette église en vertu des pouvoirs à nous donné par le général des paroissiens dûment assemblés et convoqués, l’adjudication des ouvrages à faire en notre église pour la construction d’une aile ou bas coté destiné à l’agrandissement d’icelle et d’un portail à refaire à neuf avec toute sa façade à la place du mauvais pignon et des portes incommodes et horribles avec qui défigurent l’entrée de notre église. Cette adjudication faite à Jean ……, jacques Hervé, tailleur de pierres de Morannes et Thomas Le Plat aussi tailleur de pierres de cette paroisse leur associé pour et moyennant la somme de cinq mille cinq cent quatre vingt livres avait pour condition principale d’exécuter les dits ouvrages conformément aux dessins, plans et devis que nous curé avions précédemment fait approuver par la paroisse après les avoir fait faire par M. Pradel, habile architecte du Mans qui lui-même avait fait exécuter pareil plan avec l’approbation de tout le monde pour le portail de la nouvelle église de la Couture de la dite ville du Mans et qui à notre réquisition et en bonne partie à nos dépens était venu à Sablé pour prendre toutes les mesures et régler les dispositions et arrangements relatifs à l’importance de ces ouvrages. Dès mon entrée au ministère de cette paroisse, je vis la nécessité d’agrandir notre église de beaucoup trop petite pour contenir ses habitants, surtout dans les fêtes solennelles une bonne partie de mes paroissiens pénétrée des mêmes sentiments me pressait de prendre les moyens d’exécuter cette bonne œuvre, mais où les prendre, ces moyens? La fabrique était sans argent et ses moyens étaient peu étendus, en arrivant mes charges étaient énormes. La multiplication des pauvres qui se faisait sentir chaque année  les augmentant. Après avoir fait fondre la grosse cloche à mes frais et donné pareillement le grand Christ avec tous ses accompagnements tel qu’il se voit en notre église où il est un bien bel objet de décoration, je ne pouvais que chercher ailleurs les fonds nécessaires pour les augmentations proposées. La divine providence si admirable dans sa bonté et ses desseins y a pourvu au delà de nos espérances. 1°) en nous faisant profiter d’un remboursement de près de quatre mille livres pour la ………………. due  au denier (?) cinquante par Mrs. Le Febvre de La Flèche  qui ayant vendu leur bien sans déléguer la dite rente ont été forcé par procédure que nous avons suivi au Mans avec chaleur de faire le dit remboursement qui nous a procuré une somme considérable pour intérêt ……… 2°) Dieu a suscité au milieu de nous un prêtre selon son cœur dans la personne de Me Benoît Joseph Gommer du ….. Prieur co-mandataire de Saint-Nicolas de Sablé qui tout dévoué à la plus grande gloire de Dieu, plein de son esprit et de toutes les vertus qui sont l’ornement d’un vrai chrétien et d’un Saint ministre des autels se porta avec tout le …….. possible à l’accomplissement de nos désirs et de nos projets.

Ce vertueux prêtre qui souvent se refuse le nécessaire pour soulager les pauvres était venu à Sablé en 1785 pour y prêcher un carême, il remplit ses fonctions avec tout le succès qu’on pouvait attendre de son esprit et de sa piété. Ses sermons étaient excellents en tout genre et son onction et ses exemples y ajoutaient une force merveilleuse pour toucher et pour convaincre. Il ne voulait se distinguer en rien des autres prédicateurs, comme eux il fit la quête ordinaire mais dès le jour qu’il la finit et la remit toute entière pour les pauvres des deux paroisses en y ajoutant ce qu’il avait donné lui même à un autre prédicateur il m’avait promis de faire une autre station en quelques années mais ses austérités jointes à un fond de mauvaise santé l’ont enlevé pour toujours à nos espérances et à nos regrets. Il est mort à Angers à l’hôpital général où il s’était retiré pour vivre et mourir avec les pauvres. Sa mort arrivée le 25 novembre 1787 nous remplit de consternation en même temps que dans les vues de la religion nous ne pouvions trop applaudir à son sort qui était visiblement et suivant l’opinion commune celui d’un être de Dieu.

Comme cet excellent serviteur de Jésus-Christ ne respirait que pour tendre au plus grand bien il fût aisé de lui faire sentie combien l’agrandissement et la décoration de l’église de Notre Dame dont il était alors en qualité de prieur de Saint-Nicolas, curé permissif  étaient dignes de son zèle et de ses largesses. Après beaucoup de conversation et de réflexion à cet égard, il convint qu’il abandonnerait la coupe …………. du bois de Belle Nöe, dépendant de son prieuré, il aurait encore donné d’autres parties du bois pour augmenter la somme mais sa mort^prématurée nous a privé de ces secours. Aussitôt que nous fûmes convenus ensemble du don du bois de Sablé, nous primes sans délai tous les moyens d’obtenir du Roy par un arrêt du Conseil suivant les formes ordinaires que ce bois de réserve fût abandonné à notre fabrique pour être employé suivant notre ……… des formalités à remplir malgré toutes les démarches de Me Colbert, Marquis de Sablé et les instances de ses amis qui vont un temps considérable et retarderont nos opérations. Enfin le bois nous fût adjugé, il fût vendu au Mans pour la somme de onze mille livres dont le dixième doit être distrait suivant l’arrêt du Conseil pour les pauvres communautés religieuses, et le reste doit être employé à la confection d’une aile ou bas-coté et d’un portail suivant les plans et devis ci-devant désignés.

Préalablement, il fallait acheter au Sieur Jean Chapeau, marchand gantier, une maison à lui appartenant et attenante à notre église pour sur le terrain d’icelle maison y bâtir la dite aile ou bas-coté. Le dit Sieur Jean Chapeau consentit à vendre sa maison six mille trois cents livres. M. le Marquis de Sablé a fait remise pure et simple des ventes à lui dues et de l’indemnité, il a fallu subir des délais et des formalités sans fin pour parvenir à l’acquisition de la dite maison, obtenir de la chancellerie la permission de la ………….  dresser  des procès verbaux de commodo et incommodo, avoir le consentement et l’avis de Monseigneur l’évêque du Mans, de Messire le Monsieur de Sablé, des habitants de la paroisse, et enfin avoir un arrêt du Parlement de Paris qui après toutes les vérifications et informations de formes enfin entérinées les lettres patentes qui autorisent l’acquisition de la dite maison et permettent d’y procéder toutes ces formalités remplies. Le contrat de vente de la dite maison du Sieur Chapeau a été passé le 4 mai 1789 et sur l’argent donné à la fabrique par M. Le Febvre pour remboursement de leur vente et celui reçu en paiement du bois de Belle Nöe. Le sieur Chapeau a été payé au total, ensuite on s’est occupé de parvenir à l’adjudication des dits ouvrages qui a été faite comme il est dit au commencement de cette note historique le 19 octobre 1789. Les ouvriers qui en sont chargés paraissent intelligents et habiles et on attend avec confiance que l’ensemble de leur travail contentera tous les paroissiens et fera un très bon effet pour la décoration de notre église

 

Signé : Hanuche, curé doyen de Sablé

 

SABLE SUR SARTHE

BENEDICTION DE LA PREMIERE PIERRE DE L’AILE GAUCHE DE L’EGLISE LE 22/05/1790

Le 22 mai 1790, la première pierre de la partie latérale du côté du clocher ajoutée à cette église devenue trop petite pou le nombre de paroissiens, a été bénie par Messire Henri Hanuche, docteur en théologie, curé de cette paroisse et doyen rural de Sablé, en assistance de Maître André ....., Michel Laurent, ancien chapelain de l'Hôtel-Dieu, jacques Després, ancien principal, Pierre Pochard, ancien vicaire, René Richard, habitué, Louis Cosnard, docteur en théologie et principal du collège de Sablé, Pochard, sacriste, Joseph Engoulvent, chapelain de l'Hôtel-Dieu, Bonaventure Colin, ... Chevry, tous prêtres de cette paroisse, René Daugré, .... Jacques Richard et Jacques Hanuche ...... Sieur Guy Davy et Joseph ...., Bourgeois procureur marguillier et a été ...  par très haut et puissant seigneur Jean-Baptiste François Ménélé Colbert, Marquis de Sablé, lieutenant général des armées du Roy et ancien capitaine des gardes de la porte de sa Majesté.

Une partie majeure du prix de la construction de ce bas coté a été prise sur le produit d’une coupe de bois du prieuré Saint-Nicolas abandonné à la paroisse pour cet objet par feu Messire Benoît Joseph Gommer (?) Durasse (?), titulaire du dit prieuré, mort à l’hôpital général d’Angers, le 25 septembre 1787 (?) en odeur de sainteté en raison de sa tendre piété, de son zèle apostolique et de l’abondance de son aumône; La fabrique a fourni l’autre partie de la dépense prise sur ses fonds et revenus.

Signatures de :

Colbert de Sablé,

A.S. Grippon, Pochard, Daugré, Hanuche, Pochard, Cosnard, Engoulvent, Laurent, et Hanuche